Tu en perds un, tu en gagnes dix
Cher monsieur le secrétaire du président,
J’ai pris connaissance des nombreuses lacunes en français de notre président, aussi aimerais-je vous proposer mes services de professeur particulier.
J’ai été championne régionale d’orthographe en 1993, et j’enseigne par ailleurs depuis plus de dix ans l’accord du participe passé des verbes pronominaux. Mes compétences sont aussi vastes que nombreuses, c’en est vertigineux : distinction entre on/ont et à/a, résumé de La Princesse de Clèves, synthèse sur les noms communs qui s’écrivent pareil au féminin et au masculin bien qu’ils aient l’air féminin à cause de leur putain de finale (comme "pérenne" ou "dilettante", pour ne citer que deux exemples au hasard).
Je suis par ailleurs une excellente pédagogue, j’ai enseigné en ZEP et je sais donc parfaitement gérer les accès de colère et les grossièretés du genre "pauv’con" ou "descends l’dire si t’es un homme" (une bonne fessée déculottée et au lit sans manger).
Je suis enfin très bon marché : je suis actuellement payée à l’heure comme une prostituée moldave, mais en beaucoup moins cher (on ne fournit pas la même prestation, certes).
En espérant que mon courrier retiendra votre attention, je vous prie d’agréer, monsieur le secrétaire du président, de gros bisous.